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Burn-out parental : un mal qui a toujours existé, un mot qui a 8 ans

il y a 6 jours
4 min de lecture

Le burn-out parental, comme catégorie clinique, a été formalisé en 2017 par deux chercheuses belges : Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak (UCLouvain). 


Huit ans. 


Pour situer : le mot "burn-out" tout court existe depuis 1974, inventé par le psychanalyste Herbert Freudenberger pour décrire l'épuisement au travail


Il a fallu plus de quarante ans pour que quelqu'un pose la même question du côté de la parentalité. Non pas que personne n'avait jamais ressenti ces signes et ces symptômes avant.


La question plus intéressante est : comment appelait-on ça, avant d'avoir le mot ?



Un symptôme sans nom n'est pas un symptôme qui n'existe pas




Avant 2017, une mère ou un père épuisé, distant de ses enfants, en perte de plaisir dans son rôle, n'avait pas de case clinique où ranger ça. 


Le vocabulaire disponible tournait autour de la dépression, du "baby blues" prolongé. Ou simplement de la fameuse "fatigue normale d'avoir des enfants". 


Le travail de Roskam et Mikolajczak n'a pas inventé un mal nouveau.


Il a distingué, à l'intérieur d'un vécu qu'on rangeait pêle-mêle dans "être épuisée", quatre signes particuliers et mesurables :


  • un épuisement physique et émotionnel


  • une distanciation affective envers ses propres enfants


  • une perte de plaisir dans le rôle de parent


  • un contraste douloureux, souvent chargé de culpabilité, avec la personne qu'on était avant. 


Sur le terrain, l'épuisement parental (parfois appelé aussi épuisement maternel) s'accompagne très souvent d'une charge mentale devenue écrasante, d'une hypervigilance constante et aussi de rumination.




Une tension que la recherche n'a pas encore tranchée



Une étude menée en 2021 sur plus de 17 000 parents dans 42 pays a posé une question simple : est-ce que le niveau de vie protège du burn-out parental ?


Pas vraiment (une fois un point précisé).


Ce type d'étude touche des familles qui ont un minimum de stabilité pour répondre à un questionnaire. Elle ne touche pas les foyers en survie pure, dans aucun des 42 pays.


Une famille qui se demande si elle va manger le soir n'a pas cette question en tête. Le niveau de vie compte donc bien, comme un socle de base.


Mais une fois ce socle acquis, un autre facteur pèse plus lourd que le revenu : Le nombre d'adultes qui partagent vraiment la charge d'un enfant au quotidien.


Grands-parents, voisins, famille élargie, etc.

Plus ce cercle est large et plus le risque de burn-out baisse, à niveau de vie égal. À l'inverse, un couple isolé, seul avec ses enfants, reste à risque même avec de bons revenus.



Ce que l'histoire de la famille raconte



Le modèle du couple isolé, seul responsable de ses enfants du matin au soir, sans réseau élargi impliqué au quotidien, est lui-même relativement récent à l'échelle de l'histoire des familles. 


Pendant une grande partie de l'histoire, dans beaucoup de sociétés, l'éducation d'un enfant se répartissait sur plusieurs adultes : grands-parents sous le même toit, nourrices, voisinage, fratrie plus âgée.


Le "village" qui élève un enfant, souvent cité comme une image un peu datée, décrit en réalité une structure sociale bien réelle, que les sociétés industrialisées ont largement démantelée en quelques générations.


Sans la remplacer par un équivalent aussi solide.



Ce que l'hypnose peut faire et ce qu'elle ne peut pas encore prouver



Une précision honnête ici : aucune étude publiée n'a évalué spécifiquement l'efficacité de l'hypnose sur le burn-out parental à ce jour. 


Toute page qui annoncerait un taux de réussite sur ce syndrome avancerait un chiffre qui n'existe dans aucune publication scientifique. 


Ce qui est documenté, en revanche, éclaire déjà beaucoup :


Le rapport d'expertise collective de l'INSERM (2015) sur l'hypnose conclut à un intérêt thérapeutique réel dans plusieurs indications (gestion du stress chronique, certains troubles fonctionnels, des troubles liés au stress).


La charge mentale, l'hypervigilance et les troubles du sommeil qui accompagnent l'épuisement parental sont des terrains sur lesquels l'hypnothérapie a un usage établi.


Même si le syndrome "burn-out parental" en tant que tel n'a pas encore été étudié spécifiquement dans ce cadre.


En pratique, une séance ne porte donc pas sur "la parentalité" en général, ni sur "le burn-out parental" comme étiquette.


Elle porte sur les symptômes qui se manifestent : sommeil non réparateur, vigilance constante. Une distance émotionnelle qu'on sent s'installer sans l'avoir choisie.



Ce que ça change



Ce détour par l'histoire du mot et par la tension non résolue de la recherche déplace une question qu'on se pose souvent seul : "Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?"


Vers une question plus juste :


"À quel endroit est-ce que je porte seul.e, une charge que d'autres époques et d'autres cultures ont toujours réparti sur plusieurs adultes ?"


C'est souvent cette question-là, plus que la seule gestion du stress au quotidien, qui ouvre un vrai chemin en séance.



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Sources : Freudenberger, H. (1974), "Staff Burn-Out", Journal of Social Issues. Roskam, Raes & Mikolajczak (2017), Frontiers in Psychology. Roskam, I., Aguiar, J. et al. (2021), "Parental Burnout Around the Globe: A 42-Country Study", Affective Science. Gueguen, Barry, Hassler & Falissard (2015), rapport INSERM pour la Direction Générale de la Santé

 
 
 

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